l'Inutsiaqpagutit - ce qui donne les outils pour vivre une bonne vie : favoriser la bonne santé des Inuits dans les premiers stades de la vie (également en Inuktitut)
Inuit Qaujimaja-tuqagit : le rôle du savoir autochtone pour favoriser le bien-être des communautés inuites du Nunavut (également en Inuktitut).
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Janvier 2012 - Le CCNSA a publié une série de fiches d'information qui facilitent considérablement la compréhension des visions du monde au cœur du bien-être des Inuits.
Le savoir inuit, ou Inuit Qaujimajatuqangit, relève d'un système de connaissances vivant et dynamique. Comme le fait remarquer l'auteure de la série et éducatrice Shirley Tagalik, ce savoir est essentiel non seulement dans l'optique d'une approche de « santé culturelle » du bien-être des enfants, des familles et des communautés inuits au Canada, mais aussi pour la survie même de ces peuples dans le contexte actuel en pleine évolution.
Après plus de dix ans de réunions périodiques dans toute la région, les aînés inuits du Nunavut ont consigné le savoir culturel Inuit Qaujimajatuqangit et en ont tiré un cadre pouvant être appliqué à la société inuite.
« Pour les aînés, il est urgent de diffuser ce savoir le plus largement possible, » explique Madame Tagalik. « Récemment, ils ont effectué une présentation lors d'un congrès des jeunes des régions circumpolaires, à Baker Lake, qui a attiré des participants du Nord du Québec, du Labrador et de Beaufort-Delta. Cet événement a tiré des larmes à des aînés de différentes régions, qui n'avaient pas assisté à de telles discussions depuis bien longtemps. Ce savoir, qui doit être diffusé à tous les Inuits, prend son sens parmi les groupes provenant de toute la région circumpolaire. »
Une culture vivante Shirley Tagalik, éducatrice et auteure au CCNSA, nous parle du savoir inuit dans un contexte en pleine évolution. (1:12) Transcription française
Le cadre Inuit Qaujimajatuqangit s'appuie sur quatre principes ou lois, les maligait, consistant à travailler pour le bien commun; à respecter la vie sous toutes ses formes; à maintenir l'harmonie et l'équilibre et à préparer l'avenir de manière continue. Il comprend également une série de principes directeurs et présente l'IQ comme un processus qui associe la philosophie et l'action inuites au contexte actuel en mutation. Selon Madame Tagalik, les réunions, organisées par le ministère de l'Éducation du Nunavut, ont suscité un « engagement phénoménal » de la part des aînés. Depuis 2000, ils se sont rencontrés plusieurs fois par an pour dresser le portrait de la vision inuite du monde en partageant leurs histoires et leurs souvenirs, enregistrés et retranscrits par la suite. Bien que l'objectif ait d'abord été d'établir un nouveau programme d'enseignement en savoir autochtone pour le Nunavut, Madame Tagalik explique que la consignation de l'Inuit Qaujimajatuqangit « l'a dépassé de loin ».
La première chasse d'un enfant Shirley Tagalik, éducatrice et auteure au CCNSA, nous parle du savoir inuit dans un contexte en pleine évolution (1:39). Transcription française
Revitalisation de la culture : projet pilote visant des parents des communautés de l'ensemble du Nunavut Les fiches d'information du CCNSA sont au cœur d'un nouveau projet pilote axé sur la revitalisation de la culture en matière de compétences parentales, qui sera lancé de janvier à mars 2012 dans dix communautés du Nunavut (Arviat, Rankin Inlet, Coal Harbour, Iglulik, Iqaluit, Clyde River, Kimmirut, Capt Dorset, Gjoa Haven et Cambridge Bay). Les animateurs, qui ont suivi une formation en novembre 2011, lanceront le nouveau programme de compétences parentales Inunnguiniq Nunavut Parenting dans le cadre d'un projet financé par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Nunavut et le Qaujigiartiit Health Research Centre. Le programme comprend également des documentaires du CCNSA sur les compétences parentales. « Il est essentiel de diffuser ce savoir sur la petite enfance, et il faut commencer par les parents. L'une des manières de le faire est de prévoir un programme de compétences parentales basé sur le processus de l'Inunnguiniq et sur le savoir culturel Inuit Qaujimajatuqangit, » explique Madame Tagalik. « Nous diffusons cette information aux membres des communautés qui peuvent ensuite la transmettre à leurs enfants. » Plus de la moitié des 32 000 résidants du Nunavut ont moins de 30 ans, et cette tranche de la population connaît des taux élevés de suicide et de problèmes de santé mentale. Organisme indépendant, le Qaujigiartiit Health Research Centre d'Iqaluit a reçu un financement de 2,4 millions de dollars sur cinq ans de l'Agence de la santé publique du Canada pour des activités de recherche et de promotion de la santé mentale basées sur des approches adaptées à la culture inuite. Entre autres projets, le Centre a recensé un « manque considérable » de programmes de compétences parentales dans les communautés du Nunavut, et vise à répondre aux besoins des parents en matière d'éducation et d'assistance. Myste Anderson, coordonnatrice du soutien à l'Inunnguiniq auprès du Qaujigiartiit Health Research Centre, explique que l'Inunnguiniq Parenting Support Program fait partie de ce projet de recherche sur cinq ans. « L'un des obstacles propres au Nord est que ce type d'excellent projet est facilement abandonné. Des études démontrent que pour obtenir des changements permanents dans les familles, il faut des programmes durables qui les soutiennent pendant les périodes de stress, » explique Madame Anderson. « Ce programme est tiré des dix années de partage du savoir par des aînés inuits, et nous espérons qu'il tiendra le coup. » Il s'inspire des histoires et des paroles des aînés, et selon Madame Anderson, il s'agit d'une excellente méthode pour permettre à chacun d'approfondir son savoir et d'adopter des comportements et des mesures adaptées à sa famille et ses enfants. Le programme est conçu de telle sorte que les aînés puissent participer activement à chaque rencontre. Parallèlement, il reconnaît l'urgence de se relever du passé colonial et de répondre aux besoins qui en découlent, particulièrement en ce qui concerne le système scolaire qui a séparé les enfants de leurs parents et mis fin aux pratiques parentales. « Une multitude de plaies n'ont jamais été soignées », commente Madame Anderson. L'Inunnguiniq Parenting Support Program est le premier d'une série de programmes pilotes qui seront évalués au Nunavut au cours des trois prochaines années, afin d'établir une version définitive qui réponde aux besoins tout en se basant sur des données probantes. À la fin de ce projet pluriannuel, le centre Qaujigiartiit a l'intention de proposer gratuitement le programme de parentage à toutes les communautés du Nunavut, à la fois en ligne et sous forme imprimée. Des compétences parentales ancrées dans des systèmes de croyance culturelle « Ce projet pilote est innovateur, tout comme le programme autochtone Bringing Tradition Home: Aboriginal Parenting in Today's World du BC Aboriginal Child Care Society (voir le communiqué de presse), basé sur des valeurs et ancré dans des croyances, » dit Madame Tagalik. « Dans les communautés autochtones, on s'entend pour dire qu'il est impossible d'évoquer un sujet aussi important que les compétences parentales en le séparant des systèmes de croyances propres à la culture. » Les communautés participant au projet recrutent des parents qui souhaitent en savoir davantage sur leur propre culture. Comme le remarque Madame Tagalik, le projet n'est pas destiné aux parents à haut risque, et cherche plutôt à renforcer le savoir culturel dans les foyers, afin qu'il soit pris en charge par l'ensemble de la communauté. L'évaluation des répercussions du projet à différentes étapes prévoit l'examen du changement des pratiques chez les parents. « Il existe tout d'abord un volet de revitalisation de la culture, puis un volet concernant les compétences parentales. » Madame Tagalik, qui s'est exprimée dans sa communauté d'Arviat le jour suivant la présentation des fiches d'information aux aînés, a mentionné le plaisir de ces derniers à l'idée que leur travail soit repris dans les documents afin d'être diffusé dans toute la région circumpolaire. Des solutions tirées du savoir inuit... Joe Karetak, Gestionnaire par intérim des Services Programmes d'études du Nunavut, donne son point de vue sur le savoir culturel inuit et les solutions en vue de la guérison. (5:26) Transcription française
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